« Bienvenue à La Criée ! 40 ans de création » - Ressources pédagogiques

Biographies

Né en 1987 à Saint-Brieuc, France
Vit et travaille à Rennes

Dans le cadre du cycle thématique Lili, la rozell et le marimba (2019-2022) à La Criée, Yann Baïzid a participé au développement du jeu LiZellBa.

Yann Baïzid développe une pratique artistique à la croisée des arts visuels, des technologies numériques et des dispositifs interactifs. Issu d'une formation en mathématiques et en ingénierie, il envisage le code comme un matériau de création à part entière, qu'il mobilise pour produire des formes hybrides mêlant image, son, narration et interaction. Ses œuvres prennent des formes variées - sites web, films, animations, performances ou installations - et explorent les potentialités du numérique dans une approche expérimentale, souvent marquée par le jeu, l'improvisation et l'absurde. En articulant programmation et création visuelle, il interroge les modes de production et de circulation des images, tout en proposant des expériences ouvertes où le public est invité à interagir et à s'approprier les dispositifs.

Formé au développement web après un parcours scientifique, il développe une pratique nourrie par les cultures numériques et les formes expérimentales. Son travail s'inscrit également dans des dynamiques collectives, notamment avec Léa Bénétou et Fanny Martel, avec lesquelles il conçoit des projets mêlant création artistique et médiation. Il participe notamment au développement de LiZellBa, un dispositif interactif invitant à imaginer des expositions fictives. Installé à Rennes, il inscrit sa pratique dans une recherche continue autour des usages du numérique, du jeu et des formes collaboratives.

Née en 1988 à Léhon, France
Vit et travaille à Rennes

Dans le cadre du cycle thématique Lili, la rozell et le marimba (2019-2022) à La Criée, Léa Bénétou a participé à la conception du jeu LiZellBa. En mars 2023, elle est invitée avec Fanny Martel et Yann Baïzid en résidence au centre d'art La Station culturelle en Martinique, pour développer une version caribéenne du jeu. Le trio collabore avec trois artistes martiniquais, en correspondance avec les médiatrices de La Criée, de la Station culturelle et le centre culturel Pyepoudre en Haïti.

Léa Bénétou développe une pratique plastique qui interroge les formes architecturales et les modes de perception de l'espace. À partir de l'observation d'environnements urbains - structures, circulations, espaces en construction ou en transformation - elle élabore un vocabulaire de formes qu'elle fragmente, simplifie et recompose. Son processus, basé sur la reproduction et la transformation d'images, donne naissance à des compositions où l'architecture est détournée de sa fonction pour devenir un matériau plastique autonome. À travers le dessin, la peinture, la sculpture ou l'installation, elle construit des ensembles ouverts marqués par des tensions entre rigueur géométrique et instabilité formelle. Introduisant volontairement des notions d'accident, d'imperfection et d'inachèvement, son travail évoque des espaces en devenir, invitant à une appréhension active et mobile du regard.

Diplômée de l'École des Beaux-Arts de Quimper en 2011, elle développe depuis une pratique ancrée dans une attention constante au dessin et à la mise en forme de l'espace. Son travail se déploie à travers différents médiums et contextes d'exposition, dans une logique de déplacement et de reconfiguration des formes. Installée à Rennes, elle inscrit sa recherche dans une exploration continue des liens entre architecture, abstraction et expérience sensible de l'espace.

Née en 1974 à Quimper, France
Vit et travaille à Douarnenez

Bienvenue à La Criée ! est la première collaboration de l'artiste avec La Criée. Sophie Kaplan a récemment écrit un texte sur le travail d'Alexandra Duprez dans la monographie publiée en octobre 2025 par les éditions Chose commune. 

Alexandra Duprez est une artiste peintre dont le travail explore le corps humain comme une forme en mutation, mêlant fragments, éléments végétaux et figures symboliques. À travers une pratique intuitive, elle développe des compositions hybrides où se croisent figuration et abstraction, nourries notamment par les arts populaires et l'art brut.

Son travail est exposé en France et à l'international (Europe, Amérique du Nord, Japon) et elle est représentée par plusieurs galeries. Elle co-dirige depuis 2015 la galerie Plein Jour à Douarnenez. Sa pratique accorde une place centrale à la matérialité : elle mêle peinture et collage de tissus, découpés puis réassemblés dans un processus évolutif qui fait de la toile un espace de recomposition constante.

Née en 1997 à Dijon, France

Vit et travaille à Bobigny (Paris), Ateliers Wonder

En 2022, dans le cadre du dispositif Territoires EXTRA (porté par les centres d'art contemporain La Criée et Passerelle, à Brest), Valentine Gardiennet a été invitée en résidence à Bellevue-artist run space de Douarnenez.

Valentine Gardiennet est une artiste plasticienne dont le travail explore l'intimité, les récits de soi et les dynamiques collectives à travers un univers à la fois carnavalesque, critique et nourri de culture populaire. Ses installations monumentales, sculptures et dessins s'inspirent notamment des imaginaires des années 1990-2000 (cinéma fantastique, bande dessinée, sitcoms) pour mettre en scène des figures sociales hybrides et archétypales.

À partir du dessin, au cœur de sa pratique, elle développe des installations immersives mêlant divers matériaux (bois, grillage, plâtre, métal) qui transforment ses formes en volumes habitables. Son travail, engagé et féministe, cherche à repolitiser le dessin et à réinvestir des thèmes liés à l'expérience intime et collective à travers l'humour et la mise en scène.

Son travail a été présenté en France et à l'étranger, notamment aux Magasins Généraux (Pantin), à la Villa Arson (Nice), à ArtCade (Marseille), aux Capucins (Embrun) ou encore en Allemagne à Waiblingen. Diplômée de la Villa Arson en 2020, elle a participé en 2022 à la résidence Territoires EXTRA à Douarnenez.

Née en 1995 à Semur-en-Auxois, France
Vit et travaille entre Paris et Montreuil

Bienvenue à La Criée ! est la première collaboration de l'artiste avec La Criée.

Juliette Green développe une pratique de dessin centrée sur la construction de récits visuels où textes et images s'entrelacent sous forme de diagrammes. Héritée d'un système d'écriture inventé dès l'adolescence, sa méthode associe mots, pictogrammes, schémas et figures pour créer de véritables cartographies mentales. À partir de questions ouvertes - souvent liées aux relations humaines, aux dynamiques collectives ou aux situations du quotidien - elle élabore des narrations fictives qui se déploient en réseaux d'idées. Ses œuvres, réalisées sur papier ou directement dans l'espace, invitent le regardeur à circuler librement entre les éléments, à suivre des connexions et à construire ses propres interprétations. En jouant avec la lisibilité, l'humour et l'imagination, elle développe une approche du dessin autant accessible que conceptuelle, où le langage devient un outil de lien et de projection.

Diplômée des Beaux-Arts de Paris en 2021, elle a présenté son travail dans plusieurs institutions et événements (Crédac, Salon de Montrouge, Palais de Tokyo, Drawing Now). Son travail, nourri par l'observation du quotidien autant que par des références à l'art médiéval ou à l'art conceptuel, se caractérise par des formats souvent monumentaux et immersifs. Elle y poursuit une recherche sur les formes de narration graphique et sur la manière dont le dessin peut rendre visibles des relations invisibles entre les individus.

Gaëlle Hippolyte (née en 1977 à Perpignan, France)
Lina Hentgen (née en 1980 à Clermont-Ferrand, France)
Vivent et travaillent à Paris

Bienvenue à La Criée ! est la première collaboration du duo d'artistes avec La Criée. Hippolyte Hentgen avait été invité par Sophie Kaplan dans l'exposition collective Waouh au CRAC Alsace en 2008, pour leur première exposition en duo.

Hippolyte Hentgen est un duo d'artistes dont le travail, centré sur le dessin, explore les mécanismes de représentation et de reproduction des images. Nourries par la bande dessinée, les cartoons, la caricature et l'imagerie populaire, elles développent un langage visuel fait de formes simplifiées et de figures standardisées, évoquant des « fantômes » de personnages. Travaillant à quatre mains sur un même support, elles produisent des images où les gestes se confondent jusqu'à faire émerger une entité commune - leur double fictif, Hippolyte Hentgen. Leur pratique interroge ainsi la notion d'auteur, la circulation des formes et la mémoire des images à l'ère de leur reproductibilité, en faisant dialoguer dessin, installation et volume.

Formées à la Villa Arson à Nice, elles débutent leur collaboration en 2007 à Paris et développent depuis une œuvre exposée en France et à l'international (Centre Pompidou, MAMAC de Nice, CRAC de Sète, Hive Center à Pékin, entre autres). Leur travail a également été présenté à Rennes (40mcube, projet urbain en 2022). Pensé de manière pluridisciplinaire, leur dessin se déploie dans l'espace et dans l'édition, à l'image de la publication Imagier (2009-2022), qui reflète leur intérêt pour la collecte, la citation et les cultures visuelles populaires.

Née en 1996 à Écully, France
Vit et travaille à Brest

En 2025, Margaux Janisset a été invitée par La Criée, avec l'artiste Lucie Férézou, pour une résidence de création et de transmission à l'école Jean Moulin, Rennes.

Margaux Janisset développe une pratique picturale attentive aux relations entre espace, lumière et perception. Nourrie par l'histoire du paysage, sa peinture s'éloigne de la représentation pour privilégier une approche sensible des phénomènes naturels et atmosphériques. À partir d'observations discrètes - variations de lumière, mouvements de l'air, textures ou présences diffuses - elle cherche à saisir l'essence d'un lieu plutôt que sa forme. Ses œuvres, souvent minimales et ouvertes, jouent avec l'apparition et la disparition des couleurs, invitant à un regard lent et flottant. Elles instaurent des expériences perceptives où le vide, les intervalles et les transformations presque imperceptibles participent pleinement à la composition, engageant une relation intime entre l'œuvre, l'espace et le regardeur.

Formée dans un contexte artistique contemporain et active notamment en Bretagne, elle a participé à plusieurs expositions collectives (40mcube, La Station, Les Abords, Le Virage) et résidences (40mcube, La Criée, Ateliers du Plessix-Madeuc). Sa pratique se déploie sur divers supports - toile, papier, carnets et interventions in situ - et s'appuie sur l'utilisation de pigments naturels et de matériaux sensibles. En dialogue avec l'architecture et les conditions du lieu, ses œuvres intègrent une part d'imprévisibilité, laissant intervenir des éléments comme l'eau, l'air ou la lumière dans leur processus d'apparition.

Née en 1988 à Saint-Hilaire-du-Harcouët, France
Vit et travaille à Rennes

Dans le cadre du cycle thématique Lili, la Rozell et le Marimba (2019-2022) de La Criée, Fanny Martel a conçu l'univers graphique du jeu LiZellBa. En mars 2023, elle est invitée avec Léa Bénétou et Yann Baïzid en résidence au centre d'art La Station culturelle en Martinique, pour développer une version caribéenne du jeu. Le trio collabore avec trois artistes martiniquais, en correspondance avec les médiatrices de La Criée, de la Station culturelle et le centre culturel Pyepoudre en Haïti.

Fanny Martel est une artiste et graphiste dont le travail se situe à la croisée du design graphique, de l'art contemporain et de la médiation. Elle développe une approche élargie du graphisme, envisagé comme un espace de création mais aussi comme un outil critique, relationnel et participatif. À travers des formes éditoriales, des dispositifs interactifs ou des projets collaboratifs, elle conçoit des expériences sensibles qui invitent à manipuler, produire et partager des images et des récits. Son travail interroge les modes de circulation des savoirs et des formes visuelles, en brouillant les frontières entre production artistique et transmission. En intégrant le jeu, l'expérimentation et la participation du public, elle crée des situations dans lesquelles chacun peut devenir acteur du processus de création, transformant le graphisme en un terrain d'exploration collective.

Diplômée de l'École Estienne (DSAA), elle a enrichi sa pratique par des expériences internationales et en design numérique, développant des formats hybrides entre édition, interface et installation. Elle collabore régulièrement avec d'autres artistes et designers, notamment au sein de projets participatifs comme LiZellBa, un jeu dédié à l'invention d'expositions fictives. Son travail prend également la forme d'ateliers, de fanzines et de projets pédagogiques, où elle accompagne différents publics dans la création d'objets graphiques. Ancrée à Rennes, elle inscrit sa pratique dans des contextes collectifs et expérimentaux, en lien étroit avec les enjeux de médiation et de diffusion de l'art.

Antoine Martinet est né en 1984 à Rennes, France
Vit et travaille à Rennes

En 2016, La Criée a invité Mioshe pour une résidence de création et de transmission avec des établissements scolaires de Rennes et de Saint-Malo. Pour le projet Humano Plancton, il a réalisé une peinture murale sur un immeuble à Rocabey, une affiche (co-éditée avec Lendroit), ainsi qu'un jeu de cartes (avec ALI) et une application numérique (avec Tomavatars).

Mioshe est un artiste visuel dont le travail se situe à la croisée du street art et de l'art contemporain, mêlant peinture murale, dessin, céramique et tapisserie. Issu de la culture graffiti, il développe une pratique ancrée dans l'espace urbain, attentive aux contextes architecturaux et sociaux dans lesquels ses œuvres prennent place. Son univers se caractérise par des figures hybrides et des compositions foisonnantes où se mêlent corps, éléments naturels et structures bâties, dans des paysages oniriques proches de la cartographie imaginaire. Nourri par des références allant de la Renaissance flamande aux arts médiévaux et aux mythologies anciennes, il construit des récits visuels où s'entrelacent fiction et symbolique. À travers ces formes, il interroge notamment les relations entre humains et environnement, les dynamiques collectives et les tensions sociales, tout en explorant des imaginaires liés à la fête, à la musique et aux cultures alternatives.

Formé à l'École des Beaux-Arts de Rennes, il développe dès le début des années 2000 une pratique du graffiti qui évolue vers une démarche pluridisciplinaire. Son travail a donné lieu à de nombreuses interventions dans l'espace public ainsi qu'à des projets en France et à l'international, notamment en collaboration avec les Instituts français. Très ancré dans la scène rennaise, il participe activement à la vie culturelle locale à travers festivals, résidences et projets urbains. En parallèle, il développe une activité de DJ, prolongeant dans le champ sonore ses recherches autour des rythmes, des ambiances et des expériences collectives.

Née en 1988 à Bourgoin-Jallieu, France
Vit et travaille à Aubervilliers

En 2022, La Criée a invité Marianne Mispelaëre à contribuer à la revue Lili, la rozell et le marimba. Elle y a proposé un portfolio typographique autour de son projet Les Langues comme des objets migrateurs, accompagné d'un entretien avec Sophie Kaplan.

Marianne Mispelaëre est une artiste dont le travail explore les relations sociales à travers les langages, les systèmes de communication et leurs usages. À travers des protocoles ouverts et souvent collectifs, elle interroge la manière dont la parole, l'écriture, le silence ou encore les formes alternatives de communication façonnent nos relations au monde et aux autres. Sa pratique s'attache aux phénomènes d'apparition et de disparition du langage - ce qui se dit, ce qui se tait, ce qui circule - tout en révélant leur dimension politique. En envisageant l'artiste comme traductrice, elle met en jeu des formes évolutives où les œuvres, activées dans des contextes spécifiques, deviennent des espaces de partage, d'expérience et de transformation.

Diplômée de l'ESAL d'Épinal puis de la HEAR de Strasbourg, elle développe une pratique mêlant dessin, performance, édition et dispositifs participatifs. Elle a notamment cofondé Pétrole Éditions, qui publie la revue Talweg. Son travail a été présenté dans plusieurs institutions (Palais de Tokyo, FRAC Île-de-France, MAC de Marseille, Archives nationales) et elle a participé à des projets à 40mcube. En 2022, elle collabore avec La Criée à travers un portfolio autour des langues comme objets migrateurs, un projet collectif de recherche et de création sur les pratiques linguistiques. Ses œuvres, souvent éphémères et in situ, reposent sur des protocoles proches de partitions, laissant place à l'interprétation et à la participation.

Né en 1997 à Agen, France

Vit et travaille entre Moncrabeau et Marseille

En 2024, dans le cadre du dispositif Territoires EXTRA (porté par les centres d'art contemporain La Criée et Passerelle, à Brest), Théophile Peris a été invité en résidence par le Café Marylène à Plousganou, où il a développé le projet La zone intertidale.

Théophile Peris développe une pratique sculpturale et graphique profondément ancrée dans l'expérience des lieux, fondée sur la collecte, l'immersion et l'attention aux environnements naturels. À la manière d'un cueilleur, il prélève des matériaux bruts - laine, bois, pierre, argile ou objets trouvés - porteurs de récits et de transformations. Ces éléments nourrissent un travail de dessin quotidien, où émergent figures humaines, animales et formes organiques, constituant un imaginaire proche des bestiaires anciens et des représentations archaïques. Ses dessins se prolongent ensuite dans des sculptures et des œuvres textiles, où la laine occupe une place centrale. Travaillée selon des techniques artisanales qu'il apprend et réinvente, elle donne lieu à des gestes répétitifs et physiques, proches du rituel, qui engagent le corps dans une temporalité lente et immersive. Son travail explore ainsi les relations entre matière, territoire et mémoire, dans une démarche attentive aux savoir-faire et aux modes de production autonomes.

Diplômé de l'École européenne supérieure de l'image de Poitiers, il a exposé dans plusieurs institutions (MUCEM, 19M, CAP de Saint-Fons) et participé à diverses résidences. En 2024, dans le cadre de Territoires EXTRA, il développe La zone intertidale, un projet de recherche autour de l'estran morlaisien, donnant lieu à des œuvres issues de l'observation de micro-écosystèmes côtiers. Son travail, souvent réalisé en collaboration ou en lien avec des contextes spécifiques, intègre une dimension de transmission et d'expérimentation collective.

Jérémy Piningre, né en 1984 à Paris, France
Aëla Maï Cabel, né·e en 1995
Vivent et travaillent entre Paris et Eymoutiers (Haute-Vienne)

En 2026, La Criée a invité Jérémy Piningre pour une résidence de création et de transmission à l'école Jacques Prévert de Rennes. Il y a développé le projet Les appareils et les Ktronics, en collaboration avec Aëla Maï Cabel. Iels ont produit ensemble un nouveau fanzine, réalisé avec les élèves lors d'une résidence à l'école Jacques Prévert (Rennes). 

Jérémy Piningre et Aëla Maï Cabel développent des pratiques artistiques pluridisciplinaires qui se rejoignent dans des formes de collaboration, de narration collective et d'expérimentation autour des langages et des savoir-faire. À travers le dessin, l'édition, la céramique, le textile, la performance ou encore l'installation, iels élaborent des univers hybrides où se croisent récits fictionnels, pratiques artisanales et cultures visuelles contemporaines. Leur travail accorde une place centrale aux formes de transmission - vernaculaires, orales ou collectives - ainsi qu'à l'invention de systèmes de langage alternatifs, mêlant écritures expérimentales, iconographies populaires et récits spéculatifs. Nourries par des approches féministes, écologiques et collaboratives, leurs œuvres interrogent les modes de production, les relations au territoire et les manières de « faire ensemble », en ouvrant des espaces de fiction et de partage.  

Formé à la HEAR de Strasbourg, Jérémy Piningre développe une pratique entre bande dessinée, graphisme et projets collaboratifs, tandis qu'Aëla Maï Cabel, diplômé·e de l'ENSA Limoges, inscrit son travail dans des recherches liées aux matériaux, aux gestes artisanaux et aux savoirs situés. Iels ont présenté leurs travaux dans diverses institutions (Palais de Tokyo, CAPC, Salon de Montrouge, centres d'art en France) et cofondé la maison d'édition Cardon Luneux en 2022. En 2026, dans le cadre d'une résidence portée par La Criée, iels collaborent autour du projet Les appareils et les Ktronics, développé avec des élèves à Rennes, prolongeant leur intérêt pour les pratiques éditoriales, pédagogiques et collectives.

Né en 1974 à Grenoble, France
Vit et travaille à Paris

Julien Prévieux est un artiste dont la pratique pluridisciplinaire (vidéo, performance, dessin, sculpture, installation, chorégraphie) interroge les dynamiques économiques, technologiques et politiques qui façonnent les sociétés contemporaines. Son travail explore notamment les transformations du travail, les logiques de contrôle, l'automatisation et l'impact des technologies numériques sur les comportements et les corps. En s'appropriant les langages, les outils et les protocoles issus du monde de l'entreprise, de la finance ou des industries technologiques, il développe des œuvres qui en révèlent les paradoxes avec distance et humour. Ses projets jouent souvent sur un décalage critique, transformant données, systèmes algorithmiques ou dispositifs scientifiques en formes sensibles, narratives et parfois absurdes, tout en questionnant notre rapport aux machines, aux flux d'information et aux normes sociales.

Lauréat du Prix Marcel Duchamp en 2014, il a exposé dans de nombreuses institutions internationales (Centre Pompidou, MAC de Marseille, RISD Museum, Art Sonje à Séoul) et participé à des manifestations majeures comme la Biennale de Lyon ou la Biennale d'Istanbul. Son travail a également été présenté dans des lieux tels que le Jeu de Paume, où il a récemment exploré les liens entre intelligence artificielle et création. À travers des œuvres emblématiques comme Lettres de non-motivation, ses performances ou ses installations récentes, il poursuit une recherche critique sur les formes contemporaines de production, de langage et de représentation.

Née en 1984 à Takayama, Japon
Vit et travaille entre Rennes et le Japon

En 2018, Rika Tanaka a participé à l'exposition collective Sculpter, qui s'est tenue en trois lieux et était co-commissariée par Anne Dary (Musée des beaux-arts de Rennes), Catherine Elkar (Frac Bretagne) et Sophie Kaplan (La Criée centre d'art contemporain). 

Rika Tanaka est une artiste dont le travail s'articule autour de la collecte, de l'observation et de la transformation d'objets du quotidien. À partir d'éléments trouvés lors de ses déambulations - coquillages, végétaux, fragments organiques ou objets ordinaires - elle développe une pratique attentive aux formes, aux matières et à leurs processus de transformation dans le temps. Par le dessin, le moulage, la photographie ou la peinture, elle réinterprète ces éléments pour faire émerger des formes nouvelles, souvent proches de l'abstraction, qui évoquent des paysages, des cartographies ou des présences organiques. Son travail accorde une place essentielle au temps long, à l'attention et à la contemplation, transformant des objets modestes en compositions sensibles et poétiques.

Diplômée de l'Université Tokyo Zokei puis de l'EESAB à Rennes, où elle est aujourd'hui installée, elle développe une pratique ancrée entre plusieurs contextes géographiques et culturels. Son travail a été présenté dans de nombreux lieux en Bretagne et au-delà, et elle participe en 2018 à l'exposition collective Sculpter, coorganisée notamment par La Criée. Récemment, son travail s'est étendu à des formes murales et environnementales, prolongeant ses recherches vers des compositions spatiales qui mêlent dessin, peinture et installation.

Né en 1961 à Manchester, Royaume-Uni
Vit et travaille entre Peillac (France) et New York

En décembre 2022, La Criée, en collaboration avec l'EESAB et l'Université Rennes 2 - PTAC, a invité Alun Williams à participer à la journée d'études Histoire et actualité des artist-run spaces en contexte breton.

Alun Williams est un peintre dont le travail revisite le genre du portrait à travers une approche conceptuelle et protocolaire. S'intéressant à la mémoire des figures historiques, il construit ses œuvres à partir de recherches sur des personnages qu'il choisit de manière intuitive, puis à partir de traces matérielles collectées dans des lieux qui leur sont associés. Ces marques - éclaboussures, coulures ou fragments de peinture trouvés dans l'espace urbain - deviennent des formes abstraites qu'il réinvestit comme substituts du portrait. En faisant dialoguer figuration et abstraction, il explore les notions de présence, de trace et de temporalité, et propose une relecture sensible de l'histoire, où la peinture agit comme un vecteur de résurgence et de déplacement des figures dans le présent.

Formé entre le Royaume-Uni et la France (Université de Manchester, École des Beaux-Arts de Bourges, Goldsmiths College à Londres), il développe depuis les années 1980 une pratique singulière nourrie par des influences telles que Francis Bacon ou Philip Guston. Son travail s'inscrit dans un dialogue entre différents contextes géographiques, notamment entre New York et la Bretagne. Invité en 2022 par La Criée dans le cadre d'une journée d'étude consacrée aux artist-run spaces, il poursuit une œuvre qui interroge les codes de la peinture d'histoire et du portrait à travers des dispositifs plastiques ouverts et expérimentaux.

Bibliographie

Éditions 

Veronika Mabardi, Peau de louve, Noville-sur-Mehaigne, Belgique, éditions Esperluète, 2019

Cécile Poimboeuf-Koizumi, Alexandra Duprez, Marseille, Chose Commune, 2025     

En écho 

Élisabeth et Christian Berst [et al.], Art brut : le livre des livres, Milan, 5 continents, Paris, Christian Berst, 2022 

Georges Didi-Huberman, Ex-voto : image, organe, temps, Paris, Bayard, 2006    

Victor Segalen, Daniel Kay, Henri Droguet, Rodolphe Le Corre... [et al.], Stèles, Huelgoat, Galerie les Stèles, 2007     

En écho 

Thierry Dufrêne et Joël Huthwolh ; avec la collaboration de Raphaèle Fleury, La marionnette : objet d'histoire, œuvre d'art, objet de civilisation, Institut international de la marionnette, Lavérune, l'Entretemps éditions, 2014

Colette Godard, Chaillot, histoire d'un théâtre populaire, Paris, Seuil, 2000   

Patrick Grey, Marionnettes sans contrôle, Nantes, Compagnie des marionnettes de Nantes, 1988

Marie-Caroline Janand, Costumes de scène, costumes de marionnettes, Lyon, Éditions lyonnaises d'art et d'histoire, Vaugneray, Communauté de communes des vallons du Lyonnais, 2012 

Éditions 

Charlotte Cosson, Catalogue des diplômés des Beaux-Arts de Paris, Paris, Collection D'art en questions, 2021

Paloma Hidalgo, Fire places : Révélations Emerige 2021, 8ᵉ édition, catalogue d'exposition 15 octobre-14 novembre 2021, Paris, Révélations Emerige, Paris, Fonds de dotation Emerige, 2021

Thomas Jeanne, Auto-saboter son entretien d'artiste, Entretien mené avec Juliette Green, dans le cadre d'une proposition pédagogique de Guillaume Pinard, Jean-François Leroy et Gaëlle Hippolyte, Jeanne Thomas, Rennes, EESAB, 2025

Béatrice Josse, Catalogue du 66ème Salon de Montrouge, Montrouge, Salon de Montrouge, 2022

Camille Roth, Aurélie Clemente-Ruiz, Moi et les autres, Regards d'artistes sur nos vies en ligne, catalogue de l'exposition « Moi et les autres » à la fondation EDF, du 13 mars au 27 septembre 2026, Paris, Jbe Books, 2026

Barbara Soyer, Dessin dans l'art contemporain, 80 artistes, Paris, Pyramyd, 2022

Bureaucratie ultime, Hors-série de la revue Terrain, Paris, Terrain, 2021 

 Napoléon ? Encore ! De Marina Abramovic à Yan Pei Ming, Catalogue d'exposition, 19 mai 2021 — 13 février 2022, Musée de l'Armée Invalides, Paris, Lienart, Paris, 2022

Revue Arts et Espaces, revue de création contemporaine,  n° 2, Paris, Éditions de l'Observatoire de l'Espace, 2024

The drawer : revue de dessin. volume 21 : Wall, Paris : The drawer, 2022

Travioles, printemps 2021, Paris, Éditions du 81, 2021

En écho 

Véronique Wiesinger [et al.], Ettore Spalletti : salle des fêtes = sala delle feste : [exposition, Strasbourg, Musée d'art moderne et contemporain, du 7 novembre 1998 au 7 février 1999] / [organisée par les Musées de Strasbourg], Milan, A+Mbookstore Éditions Strasbourg, Musées de Strasbourg, 1998

Décors de fête, Nantes, Éditions 303, 2022

Éditions 

Christian Bernard et Hippolyte Hentgen, Fabules, Saint-Victor-sur-Loire, Walden, 2022 

Hippolyte Hentgen, Hippolyte Hentgen, Les Sables d'Olonne, Musée de l'Abbaye Sainte-Croix, Paris, Sémiose Éditions, 2025   

Hippolyte Hentgen, Imagier, Albi, Centre d'art Le Lait, Caen, L'artothèque, 2023

Hippolyte Hentgen, Sentiments adrift, Rennes, Lendroit éditions, 2013

En écho 

Elisa De Halleux, Iconographie de la Renaissance italienne, Paris, Flammarion, 2004

Claire Rousier, Oskar Schlemmer: l'homme et la figure d'art, Pantin, Centre national de la Danse, 2002

En écho 

Manola Antonioli, Vincent Jacques, Alain Milon ; textes de Jean-Christophe Bailly, Gilles Clément, Anne Cauquelin [et al.], Paysages, variations : autour du paysage comme variation artistique, Paris, Loco, 2014

Valérie Belmokhtar, Au cœur du vivant : les liens entre les artistes et la nature, Paris, Pyramyd Éditions, 2023

Léa Martin, Rencontres oniriques, Sillé-le-Guillaume, Éditions La Plume de Léonie, 2021

Tamara Morisset, Des brins, Rennes, Plein air Éditions, 2024   

Anna Pavord, Fleurs: explorer le monde floral, Londres, Éditions Phaidon, 2026 

En écho 

 Arnaud Idelon, Boum boum : politiques du dancefloor, Paris, Éditions Divergences, 2025

Olivier Kaeser, Dance first think later. 1 : le corps pensant entre danse et arts visuels = the thinking body between dance and visual arts, Genève, Arta Sperto ; Dijon, Les presses du réel, 2024

Guillaume Kosmicki, Free party : une histoire, des histoires, Marseille, Éditions Le Mot et le reste, 2020

Éditions 

 Anne Bernou, Monuments de silence : Réappropriations mémorielles dans l'art contemporain, Nice, Éditions Unes, 2023 

Virginie Bobin, L'interprète dis/parait, Berlin, Éditions Scriptings, 2026 

Marianne Derrien, Some of Us / [Marianne Derrien, Jérôme Cotinet Alphaize, Adrien Elie, Ariane Bosshard et Olivier Huz], Paris, Manuella Éditions, 2024

Anna Millers et Philippe Bettinelli, Mode d'Emploi, Suivre les instructions de l'artiste, Strasbourg, Musée d'art moderne et contemporain de Strasbourg, 2024 

Marianne Mispelaëre, Virginie Bobin, Sabine Bodet-Faravel, Tu peux répéter ? Écrire, parler, expérimenter les langues avec Marianne Mispelaëre (textes de Virginie Bobin, Sabine Bodet-Faravel et Marianne Mispelaëre), Paris, Paraguay, 2025 

En écho 

Iringo Cora, Annie Ernaux: l'art de la trace, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2025

Quentin Gassiat, La durée de l'éphémère, Paris, Forgotten dreams, 2026 

En écho 

 Vincent d'Indy, Chansons populaires recueillies dans le Vivarais et le Vercors, Paris, Ménestrel, 1892

Jean-Marie Gallais et Marie-Charlotte Calafat, Folklore: artistes et folkloristes, une histoire croisée, Marseille, Éditions du MuCEM, Metz, Centre Pompidou Metz, Paris, La Découverte, 2020

Birthe Koustrup, Motifs d'art populaire européen, Paris, France-Loisirs, 1993

Éditions 

Mathieu Lefèvre, Jérémy Piningre, Tonic, Paris, l'Association, 2015

Jérémy Piningre, Les fruits et les gumes, Strasbourg, Éditions 4042, 2023

Jérémy Piningre et Aëla Maï Cabel, La chasse galerine, Cardon Luneux, 2023

Jérémy Piningre, J'ai rarement vu ça, Strasbourg, Éditions 4042, 2020

En écho 

Catherine Legrand, Patchworks : une mosaïque du monde, Paris, Éditions de La Martinière, 2022 

Henriette Zoughebi , Panorama de l'illustration du livre de jeunesse français, 1996  

Dossier documentaire constitué par Henri Pollès sur les dessins d'enfants, 1900-1990 

Éditions 

Ada Ackerman, Alexandre Gefen, Antonio Somaini, Le monde selon l'IA: explorer les espaces latents, catalogue d'exposition Jeu de Paume, 11 avril-21 septembre 2025, Paris, JBE Books, Jeu de Paume, 2025     

Elie During, Julien Prévieux, gestion des stocks, Lyon, Éditions Adera, 2009 

Julien Prévieux, Codex Spatium, Paris, éditions de l'Observatoire de l'Espace, 2025

Julien Prévieux, Lettres de non-motivation, Paris, Éditions Mille et une nuits, 2022   

Valeurs croisées: guide de l'exposition = exhibition guide / Les Ateliers de Rennes-Biennale d'art contemporain du 16 mai au 20 juillet 2008, Rennes, Les Ateliers de Rennes — Biennale d'art contemporain, Dijon, les Presses du réel, 2009

En écho 

 Philippe Bettinelli, Anna Clémentine Hébrard, Béatrice Josse, Sara Martinetti, Anna Millers, Hans Ulrich Obrist, Mode d'emploi: Suivre les instructions de l'artiste [exposition, Strasbourg, musée d'art moderne et contemporain, 2024-2025], Strasbourg, Musées de Strasbourg, 2024

Jean-Louis Giavitto, Pierre Saint-Germier, L'art au temps de l'IA: générer, critiquer, créer: architecture, danse, cinéma, littérature, arts plastiques, photographie, musique, Paris, Éditions du Centre Pompidou, 2025

Éditions 

Paloma Moin, Clément Kara, Gomme Together, édition du projet à La Criée centre d'art contemporain, Rennes, 2013

Rika Tanaka, Natures mortes, texte pour MONOGRAPHIE, John Cornu, Rennes, cultureclub-studio, 2025 

Millefeuille, diplômés de l'École européenne supérieure d'art de Bretagne, Brest, Lorient, Quimper, Rennes : exposition, Paris, Galerie Hélène Bailly, du 3 décembre 2013 au 8 février 2014, Paris, Galerie Hélène Bailly, 2013  

Minoterie 21 : 2012-2022, catalogue collectif, Peillac, Minoterie21, 2023

Sculpter : (faire à l'atelier), 14 mars-27 mai 2018, Rennes, Fonds régional d'art contemporain Bretagne, Musée des beaux-arts de Rennes, La Criée centre d'art contemporain, 2018

En écho 

 Manola Antonioli, Vincent Jacques, Alain Milon ; textes de Jean-Christophe Bailly, Gilles Clément, Anne Cauquelin [et al.], Paysages, variations : autour du paysage comme variation artistique, Paris, Loco, 2014   

Ronan Le Coadic, Identités et société, de Plougastel à Okinawa, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2007

Jean Marie, Léon Haffner, L'art et la mer, Paris, Ozanne, 1952 

Éditions 

Adrien Maeght [et al.], E-MOTION, Fondation Marguerite et Aimé Maeght, Saint-Paul de Vence, Éditions Maeght, 2013

Gilbert Perlein, Le Chemin de Peinture, Nice, MAMAC, 2009

Brigitte Ralbaud, Alun Williams, Nîmes, École de Nîmes, 1989

Rebecca Scott, Landscape of the Gods, Cross Lane Projects, Kendal et Londres, Angleterre; textes de Rebecca Scott, Michael Petry, Matthew Bowman, Londres, Cross Lane Projects, 2023

Karen Wilkin, The Body in Question, The Painting Center, New York, États-Unis, 2021

Alun Williams, LEST, Paris, Manuella Éditions, 2011

En écho 

 Jean-Philippe Antoine et Catherine Perret, Les artistes font des histoires, Paris, Seuil, 2015

Frédéric Pajak, Portrait, autoportrait, Paris, les Cahiers dessinés, Vevey, Musée Jenisch Vevey, 2021 

Histoires et actualités des artist-run spaces en contexte breton: actes de la journée d'études du 8 décembre 2022, Rennes, La Criée centre d'art contemporain, Brest, Passerelle centre d'art contemporain, 2022   

Les artistes contemporains et l'archive, interrogation sur le sens du temps et de la mémoire à l'ère de la numérisation, actes du colloque 7-8 décembre 2001, Saint-Jacques-de-la-Lande, organisé par les Archives de la critique d'art, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2004

 Noam Alon, Expérimenter des formes, imposer des cadres : les centres d'art français à l'épreuve de la standardisation (1980-2010), Culture et musées, Avignon, Éditions Universitaires Avignon, 2025

Philippe Dagen, L'art dans le monde de 1960 à nos jours, Malakoff, Hazan, 2012 

Marie-Claude Dalibard, Musées et centres d'arts construits ou réhabilités pour recevoir l'art contemporain, mémoire de Lettre Rennes 2, 1987 (Musées des Beaux-Arts)  

Camille Paulhan, Bienvenue à La Criée, fanzine N°1, Rennes, La Criée centre d'art contemporain, 2026

Lionel Ruffel, Brouhaha: les mondes du contemporain, Lagrasse, Verdier, 2016 

Rosita Boisseau, Christian Gattinoni, Danse et art contemporain, Paris, Nouvelles éditions Scala, 2021

Pauline Chevalier, Amandine Royer, Chorégraphie ; dessiner, danser, XVIIe-XXIe s, Besançon, Musée des beaux-arts et d'archéologie, Paris, INHA, 2025

Patrick Coleman, The Art of Music, New Haven, Yale University Press, 2015

Hayley Edwards-Dujardin, Henri Matisse: un artiste à (re)découvrir en 40 notices, Vanves, Chêne, 2020 

Florence Gétreau, Voir la musique, Paris, Citadelles & Mazenod, 2022

Floriane Herrero, Art et musique, Paris, Éditions Palette, 2014

Salva Rubio, Degas : la danse et la solitude, Paris, Le Lombard, 2021 

Connaissance des arts, Kandinsky face aux images : LaM-Centre Pompidou, 20 février 2025 — 15 juin 2026, Paris, Connaissance des arts, 2026 

Pascal Bonafoux, Autoportraits cachés, Paris, Seuil, 2020

Daniela Gallo [et al.], Corps ou visages ? : fonctions, perceptions et actualité du portrait, Rome, Officina Libraria, 2023

Annick Lemoine, Stéphanie Cantarutti, Anne-Charlotte Cathelineau, Sixtine de Saint-Léger [et al.], Visages d'artistes : de Gustave Courbet à Annette Messager, catalogue de l'exposition, Paris, Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, 18 mars-19 juillet 2026, Paris, Paris Musées, 2026

Gilles Porte, Portraits, autoportraits : Syrine, Ibrahim, Malo et tous les autres, Paris, Seuil, 2009

Eva Respini, Johanna Burton, Cindy Sherman : exposition, New York, MoMa, du 21 février au 11 juin 2012, Paris, Hazan, 2012 

Centre régional d'art contemporain (Montbéliard), À visages découverts : pratiques contemporaines de l'autoportrait, exposition, Montbéliard, le 19, Centre régional d'art contemporain, 2005 

Musée des beaux-arts de Nancy, Autoportraits : chefs-d'œuvre de la collection du Musée d'Orsay, Paris, Flammarion, 2015

 Lauren Devèze, Aspirations : retour sur trois expositions à Narbonne, Narbonne, l'Aspirateur lieu d'art contemporain, 2018

Frank Lamy et Alexia Fabre, Let's dance, Vitry-sur-Seine, MAC/VAL, 2019 

Geste/s numéro 16 : que la fête commence ! Paris, Beaux-Arts éditions, 2025

L'esprit de la fête à La Criée

Figurer la fête

Pour l'exposition anniversaire des 40 ans de La Criée, le thème de la fête est célébré. Plusieurs artistes s'en sont emparés pour l'exprimer dans leur création.

Mioshe, avec son Contrepied triptyque sur la danse collective, nous embarque dans ce monde, sous différentes formes. D'abord, il matérialise le son de la musique électronique, ses ondes et ses répétitions. Puis, il représente une ronde sur le second panneau, s'inspirant des personnages de l'exposition passée le Salon des refusé·es de Rasmus Myrup. Ils dansent en cercle en se tenant par la main. Enfin, le dernier panneau clôt le temps de la fête : les personnages ont disparu, il ne reste que leurs vêtements, ainsi que des bombes lacrymogènes, signes de la répression des free-parties.

Si l'œuvre de Mioshe nous fait voyager dans l'univers de la fête, d'autres dans l'histoire de l'art ont réfléchi sur la représentation de la musique et de la danse. Par exemple, Pieter Brueghel l'Ancien a peint La Danse des paysans vers 1568. C'est l'une des rares représentations de ce genre chez Brueghel, à une époque où les peintres favorisent les images religieuses et mythologiques. Il y dépeint une scène de danse au village, pour échapper à la dureté du quotidien paysan. Les mouvements des paysans sont accentués par des jambes qui ne respectent pas l'anatomie, pour renforcer le dynamisme. La débauche est rendue publique, l'ivresse et les embrassades sont visibles dans la foule. D'autres artistes ont matérialisé la danse en ronde, notamment l'une des plus fameuses, La Danse I d'Henri Matisse de 1909. L'absence de perspective et la simplification de la figure humaine renforcent le rythme et la vie qui caractérisent la danse. Pour ce qui est de la représentation du son, on peut citer Kandinsky. Dans sa peinture Mit dem schwarzen Bogen de 1912, il cherche à développer un langage pictural abstrait aussi puissant que la musique. À l'aide de mouvements, couleurs et formes se confondent en un chaos organisé d'accords et de désaccords ; le peintre s'inspire du principe de dissonance du compositeur Arnold Schönberg.   

Les tournants de la fête moderne

L'œuvre de Mioshe semble aussi s'inscrire dans une histoire de l'art contemporain. D'autres artistes ont en effet traité du sujet de la musique électronique, comme Jeremy Deller, qui a auparavant exposé à La Criée lors de son exposition Art Is Magic de 2023. En 1997, il avait mis en place un projet collectif Acid Brass, qui célébrait la fête collective par l'union de la tradition et de la modernité. Des morceaux d'Acid House étaient joués par un « brass band », un orchestre de cuivre typique des milieux ouvriers britanniques, que Deller a immortalisé en photographie. Cette performance a été rejouée à Rennes pour Les Tombées de la Nuit.

La fête est aussi un médium politique, comme Nan Goldin l'a de nombreuses fois souligné. Dans ses diapositives The other side, elle photographie des souvenirs personnels de la fête, qui deviennent des archives collectives. Dans les années 1970, elle immortalise les scènes queers artistiques de New York et de Boston, qu'elle fréquente, notamment ses ami·es drag queens. Elle capture non seulement l'euphorie et la joie, mais aussi les excès, la dépendance, la violence et la fin de la fête avec l'arrivée du sida.

Dans cette exposition « Bienvenue à La Criée » d'autres artistes s'emparent du sujet de la fête. Juliette Green déploie des récits fictifs de célébration, au travers de son œuvre Pourquoi avons-nous besoin de fête ?, qui met en scène La Criée transformée en salle des fêtes. Là où elle honore la fête collective, d'autres artistes avant elles ont choisi au contraire d'en critiquer son déclin. Par exemple, Felix Gonzalez-Torres dénonce la perte de la fête au profit d'un individualisme festif. Pour cela, il met en place une installation [Untitled] Go-Go Dancing Platform dès 1991, une plate-forme sur laquelle une personne en sous-vêtements argentés danse en solitaire, casque sur les oreilles, repliée sur elle.

La Criée au spectacle

Valentine Gardiennet, quant à elle, s'inspire du thème de la fête sous l'angle du spectacle. Son œuvre murale est composée d'une impression papier, de dessins d'éléments du théâtre de marionnettes à l'encre de Chine et de deux poupées animatroniques dont les yeux semblent suivre les spectateurs. Elle s'inspire de l'univers des marionnettes, autour de la question de la mobilité et de l'immobilité. Cela raisonne avec le thème du spectacle dans l'art contemporain. Mathis Collins, par exemple, s'inspire du théâtre de rue. L'artiste franco-canadien qui jongle entre peintures, sculptures et performances, a investi l'espace de La Criée en 2020 avec son exposition Mime. Le spectacle est au cœur de son art, qu'il célèbre à plusieurs mains, comme avec son Cabaret collectif organisé le 3 mai 2026, dans lequel il invite des artistes pluriels des arts vivants. L'intention était de « fêter le flou artistique ».

Même si le duo d'artistes Hippolyte Hentgen ne représente pas directement la fête dans leurs œuvres Velluto et Ballet Lunaire, une de leurs inspirations vient du spectacle vivant. Leur peinture murale et le pastel sec sur papier prennent appui sur une riche connaissance en histoire de l'art, entre héritage et modernité, au travers d'un satellite aux formes architecturales de la Renaissance italienne. Concernant le thème de la fête, elles témoignent s'être inspirées du Ballet triadique d'Oskar Schlemmer de 1922. Œuvre-manifeste, le Ballet triadique a pour objectif de révolutionner la danse, en l'inscrivant dans la modernité. Les règles classiques sont dépassées, les mouvements sont sublimés par des costumes polychromes. Là aussi l'étude du corps et du mouvement est centrale, à l'image de La Danse I de Matisse. La place de l'homme dans ce nouveau monde technique est ainsi réévaluée.

Les ingrédients de la fête sont passés en revue et revisités au fil de l'histoire de l'art, que ce soit par la figuration du son et de la danse, par sa politisation, par ses nouvelles formes, mais aussi par l'association de l'héritage et de la modernité. Pour ses 40 ans, La Criée devient elle-même un espace de fête, sublimée par les œuvres de cette exposition collective.

La fête à La Criée continue ! Une programmation festive est organisée tout au long de l'exposition. L'ouverture en fanfare de l'exposition et le déploiement de la fête sur la place Honoré Commeurec lors du vernissage en témoignent. Ou encore, lors du Bal des Ardentes, l'artiste Johanna Rocard et la DJ Amandine Braud replacent la fête comme espace de soin collectif, entre transes populaires et révoltes, qui subliment des créatures en marge.