Alors que semble s'accélérer toujours et encore la succession des crises - écologiques, géopolitiques, sociétales, etc. -, pour beaucoup d'entre nous il n'est plus possible de rester passifs face à l'effondrement qui vient. Il n'est plus possible de se contenter d'observer, de constater et de trembler.
L'accélération des crises va par ailleurs de pair avec une accélération des rythmes sociétaux et individuels, auxquels il faut se soumettre et s'ajuster en continu.
Dans ce contexte, nombre d'artistes, de penseurs et penseuses réfléchissent à des formes d'adaptations, d'alternatives et de résistances. La Criée centre d'art contemporain accompagne ce mouvement à travers le cycle artistique Festina Lente (Hâte-toi lentement), qui se décline en expositions, événements et résidences, ainsi que dans les pages de la présente revue.
Après avoir refusé de désespérer du présent, si difficile puisse-t-il être à vivre, en cherchant des moyens de l'endurer, après avoir interrogé la profondeur et la complexité de nos liens au passé, la revue Festina Lente propose de (re)penser, dans ce 4ème et dernier numéro, ce que signifie encore aujourd'hui le mot utopie, à travers différents futurs possibles dans lesquels les artistes se et nous projettent.
Que ce soit:
-sur les sols d'un jardin dans le Massachusetts (Peter Hutchinson, Gilles A. Tiberghien), d'une forêt bretonne (Léa Muller) ou d'une colline du plateau de Mille Vaches (Le Féral),
-par la fabrique d'espaces communs où produire des nourritures tantôt terrestres tantôt artistiques, toujours politiques (L'école des Mutants, Le Ravitaillement, Till Roeskens et Anaïs Roesch),
-dans les espaces imaginaires et puissants de la poésie (Olivier Leroi, Laura Vazquez) ou de la science-fiction (Jonas Staal),
les artistes, penseurs et autrices réunis dans ces pages partagent le même horizon d'une communauté terrestre reliée aux sols, aux vivants et aux temps qui passent, tout comme le souhait d'une vie bonne, ici, maintenant et pour demain.