Alors que semble s'accélérer toujours et encore la succession des crises - écologique, mais aussi postcoloniale, géopolitique, etc. -, pour beaucoup d'entre nous il n'est plus possible de rester passifs face à l'effondrement qui vient. Il n'est plus possible de se contenter d'observer, de constater et de trembler.
L'accélération des crises va par ailleurs de pair avec une accélération des rythmes sociétaux et individuels, auxquels il faut se soumettre et s'ajuster en continu.
Dans ce contexte, nombre d'artistes, de penseurs et penseuses des mondes de l'art réfléchissent à des formes d'adaptations, d'alternatives et de résistances.
La Criée centre d'art contemporain accompagne ce mouvement à travers le cycle artistique Festina Lente (Hâte-toi lentement), qui se décline en expositions, événements et résidences, ainsi que dans les pages de la présente revue.
Ce troisième numéro s'articule autour de nos liens au passé. Ceux-ci se tissent le plus souvent dans un double mouvement, en apparence paradoxal, d'enracinements et d'échappées. Il s'agit de se demander comment se nourrir du passé, mais aussi comment lui résister. Se demander encore : savons-nous écouter toutes les voix du passé ? Savons nous échapper à sa nostalgie et aux visions tronquées qu'elle génère ? Se demander enfin : comment faire du passé un allié ?
Ces questions ont été adressées à des artistes, écrivaines, philosophes, paysagistes et chercheuses.
Leurs réponses, tour à tour analytiques ou poétiques, rétrospectives ou prospectives, fictionnelles ou témoignant d'expériences directement vécues, rendent palpables, en se mélangeant, la profondeur et la complexité des liens qui nous unissent au passé. Elles soulignent également la persistance, voire l'efficience du passé dans l'écriture du présent comme du futur. Ont contribué à ce numéro : les écrivaines Louise Bentkowski , Lucie Rico et Ryoko Sekiguchi, les historiennes de l'art Andréanne Béguin et Nadine Atallah, Les artistes Léa Muller, Yasmina Reggad et Arslane Smirnov, la paysagiste Lolita Voisin et le philosophe Olivier Gaudin.
Revue n°3 - Festina Lente (Hâte-toi lentement)
Droits réservés : Léa Muller, photographie argentique, 2025