Roddy the Pict

Roderick Buchanan

Roderick Buchanan, Roddy the Pict, vue de l'exposition From a city of one million, La Criée centre d'art contemporain, Rennes, 2007 © Benoît Mauras

3 photographies couleur encadrées, 107 x 100 cm chaque photographie

Roddy The Pict (I don’t have tattoos but if I did I’d probably look like this) est un autoportrait individuel à forte dimension familiale. Le corps nu de l’artiste, divisé en trois, est en effet recouvert de ces tatouages éphémères qu’utilisent beaucoup ses trois jeunes fils.

Mais comme toujours chez l’artiste, la pièce offre de multiples degrés de lecture. Image de la nudité et du recouvrement. Triptyque vertical d’un corps qui se présente, sorte d’Ecce homo primitif. Double référence encore : l’une à l’intimité des siens, cette paternité soucieuse des signes dont usent ses enfants, l’autre à cette propension des Britanniques au tatouage qui, on l’aura remarqué, ne revêt pas chez eux cet air canaille qu’il dénote ici. Mais plus encore : allusion revendiquée à ces guerriers des basses terres d’Écosse, ces Pictes qui harcelèrent les troupes romaines au-delà du mur d’Hadrien. Leur nom même désigne leur apparence d’hommes peints ; peinture de guerre, peinture cependant. C’est la raison pour laquelle, dans le titre, Roderick Buchanan s’attribue le surnom de Roddy the Pict, confirmant s’il était besoin la nature profondément picturale de l’ensemble de son travail.

Jean-Marc Huitorel, commissaire de l’exposition « Roderick Buchanan : From a city of one million », 2007

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