Dans ce rituel festif atemporel, entre carnaval, krump, drag, queer, vaudou et burlesque, on apprendra les gestes énergisants et le soin thérapeutique en commun, pour créer un joyeux et irrésistible récit collectif de corps en danse, au milieu d'un bestiaire de casquette à cornes, de masques de perles, de manteaux à franges et de cagoules.
Depuis des années, entre performances rituelles, installation performative (Batailles nocturnes) et performance collective autour de la notion de « care » (Braves), les travaux de Johanna Rocard et ses collaborations avec Amandine Braud et la chorégraphe Nina Berclaz semblent converger vers la grande fête du Bal des ardentes. Ici, la musique est le lien du spectacle (collectage, mix), les costumes sont à fortes références plastiques, anthropologiques et artistiques (Francisco de Goya, Brueghel), les gestes sont thérapeutiques et soignent, sauvent, entraînent au bonheur ou donnent simplement du courage pour déjouer des siècles de fatigue, de violence et de patriarcat. L'équipe des Ardentes s'empare du Cloître Saint-Melaine pour 2h20 d'une piste collective et alternative alliant les mouvements rythmiques aux « pratiques somatiques, aux gestes de luttes et à la puissance empouvoirante de la musique ». Sur ce dancefloor pour temps de crises, le retour des différentes créatures issus des marges fonctionne comme un acte collectif de guérison. Un merveilleux rituel festif qui mêlera public, danseurs et danseuses professionnels, et habitants-complices !