La mer n'est pas la terre

exposition collective

11 juillet
15 octobre 1998

Expositions à La Criée

Dates

Du samedi 11 juillet au jeudi 15 octobre 1998

A la Criée sont réunis pour l'été trois artistes pour qui la mer – thème et image – est un sujet d'investigation majeur. Chacun usant de moyens différents, le cinéma pour Tacita Dean, l'aquarelle pour Yvan Salomone, la photographie pour Allan Sekula, ils introduisent des éléments narratifs, formels et critiques actuels pour constituer de nouvelles représentations de la mer.

Présentation

Tacita Dean (1965), qui vit et travaille à Londres, a réalisé en 1996 et 1997 deux films : Disappearance at Sea (Cinémascope) et Disappearance at Sea (Voyage de guérison). Ceux-ci prennent source dans des récits, dramatiques ou miraculeux - faits divers ou mythologie -, dont est riche la littérature maritime. Existants individuellement, ils n'en sont pas moins liés par le sujet (le phare) et la dimension temporelle que le spectateur peut pleinement éprouver grâce au format du cinémascope. Le premier saisit lentement le passage du jour à la nuit, le moment où les lampes du phare s'allument automatiquement. Le second balaie l'horizon dans une intense lumière du jour.

Yvan Salomone (1957) vit et travaille à Saint-Malo. Depuis 1991, il entreprend, d'abord près de chez lui puis dans les grands ports du monde, un travail de repérage et de cadrage dans ces paysages industriels particuliers que sont les zones portuaires. L'alliance d'un protocole de réalisation très strict et d'un médium à la connotation surannée – l'aquarelle – n'est pas le moindre des paradoxes de la démarche d'Yvan Salomone. L'artiste est engagé dans un processus – chaque aquarelle est datée et signée – dont la fin n'est pas programmée a priori. À chaque exposition, l'état de la série est actualisé par une édition limitée.

Allan Sekula (1951) vit et travaille à Los Angeles. Il est à la fois historien de la photographie, critique, écrivain et artiste. Son travail s'appuie sur une réflexion quant à la place et la fonction de la photographie documentaire dans l'art et la société d'aujourd'hui. Il utilise le vocabulaire photographique en le combinant à des informations et à des textes personnels. Cet extrait de Fish Story témoigne de la volonté de l'artiste d'inscrire son travail dans une critique sociale : « Si la bourse est le lieu où prévaut la dimension abstraite de l'argent, le port est celui où les marchandises matérielles se présentent en vrac, dans le flux même des échanges. Les valeurs d'usage défilent dans la passe. L'arche n'est plus un bestiaire, mais une encyclopédie du commerce et de l'industrie ».

* Le titre de cette exposition est une proposition d'Yvan Salomone.

Artiste