Le Mort se porte bien

Carmélo Zagari

24 octobre
5 décembre 1992

Expositions à La Criée

Dates

Du samedi 24 octobre au samedi 5 décembre 1992

Présentation

« Zagari nous raconte son histoire, mais c'est une histoire de peinture, c'est-à-dire d'images idiotes ou, si l'on préfère, de tableaux de famille, d'exil intérieur et littéral, de nostalgie timide et de rupture tranchante, une histoire de mythologies intime et collective. »

Lorsqu’en 1983, Christian Bernard écrivait un texte intitulé « Éloge du malentendu » à propos de l’œuvre de Carmélo Zagari dont sont tirées ces quelques lignes, il pointait déjà et de manière presque prémonitoire ce que nous pourrons bientôt vérifier avec l’exposition « Le mort se porte bien ». Un bref aperçu du parcours de l’artiste peut permettre de mieux le situer aujourd’hui.

Apparu au début des années 80 dans cette mouvance que l’on baptisa « figuration libre », Zagari produisit jusqu’en 1990 de nombreuses — et dérisoires — scènes de genre (scènes de famille, de cirque, de bal, de cabaret). Ses tableaux « à tiroirs » fonctionnaient sur « le déplacement, la distorsion de leurs référents » et furent toujours exécutés dans une forme d’urgence. À signaler également une série d’interventions à même le mur où le challenge de l’exécution en termes d’échelle et de temps constitua l’énergie du travail (« Carte blanche autour de Belle Amoureuse », Musée de Lyon, 1989). Aller jusqu’à l'épuisement fut également ce qui motiva certaines obsessionnelles et hautes en couleurs (« Singes, singe swing, swing », 1989 ; « Girafes arquines », 1990).

Autre étape majeure, « La Lanterna Magica » (Genas, 1991) que Zagari définit comme « un ensemble d’histoires sans fin où la réalité se mêle au surnaturel, la narration à l'évocation subjective ». De grands portraits en noir et blanc des acteurs (humains et animaux) d’une histoire récitée en calabrais par son père (dont l’enregistrement était diffusé dans l'exposition) étaient subtilement mis en scène et constamment réactivés par la présence du visiteur. Cette série dédiée à la mémoire d’un père conteur qui avait considérablement nourri son imaginaire constitua à la fois un aboutissement (Zagari : peintre d'histoires) et une rupture tranchante.

L'exposition « Le mort se porte bien » montrera un nouvel ensemble de travaux qui pourrait être pris comme un vaste autoportrait (mutant ?) en fragments. Il y sera à la fois question de désir, de suspense, mais aussi d'humour, d'ironie,... et d'une réflexion soutenue sur la tragi-comédie humaine. 

Artiste et commissaire