Jochen Gerz

Jochen Gerz

21 février
21 mars 1987

Expositions à La Criée

Dates

Du samedi 21 février au samedi 21 mars 1987

Présentation

Du 21 février au 21 mars 1987, La Criée, Halle d'art contemporain, présente une exposition de Jochen Gerz. Associé au “narrative art”, la démarche de Gerz axée principalement sur la photographie produit tout autant des installations que des vidéos dans lesquelles l’écriture joue un rôle important. Cette exposition proposera un parcours à travers l'œuvre de Jochen Gerz et une série de manifestations ponctuelles (rencontre avec l'artiste, conférence, projection de film, …).

« L'invention du monde »

Cette œuvre a été présentée pour la première fois en 1985 en Allemagne, à la Stadtgalerie de Saarbrücken. Inédite en France, cette série de diagrammes photographiques correspond à une technique que Jochen Gerz utilise depuis 1969 : le photo-texte. En effet l'artiste travaille dans la frange intermédiaire entre le texte qu'il compose comme un poète ou un romancier, et le médium photographique qu'il n'utilise jamais uniquement pour lui-même. Les éléments noirs et blancs, ainsi que toutes les gammes extrêmement nuancées de gris, ne valent absolument pas comme résultats d'une prouesse technique — on pense davantage à des travaux d'amateur — mais prennent tous leurs sens dans les compositions qu'organise Gerz à partir des quatre tirages de même format. Dans l'installation, on notera aussi que les planches de texte (toujours le même – L'invention du monde – et imprimé en creux, sans encre) sont toutes accrochées au même niveau, et induisent les variations de chaque composition.

« Purple Cross for Absent Now »

Cette œuvre est une sorte de mémorial, de reconstitution d'une performance que Gerz a présentée en 1979-1980. Cette performance a eu lieu avec le public et a duré en moyenne 25 minutes. Voici la description qu'en donne l'artiste lui-même : « Une corde élastique est tendue au milieu d'une pièce carrée de 4 x 4 m. Dans l'axe transversal de la corde sont placés deux moniteurs vidéo. Ils montrent tous les deux la tête de Jochen Gerz, l'expression de son visage est marquée par l'effort, il porte une boucle tendue vers l'avant autour du cou. Lorsque le public fait bouger la corde, il remarque que la tête projetée sur l'écran de télévision est reliée par la corde avec la salle dans laquelle il se trouve. (J. Gerz est assis derrière le mur et, avec son corps, il tend la corde élastique nouée autour de son cou). Quelques visiteurs essaient de voir ce que la tête sur l'écran est capable d'endurer. Quatre lampes sont placées en forme de croix sur le sol (dans les axes de la disposition) et diffusent une lumière noire. La pièce se termine par l'épuisement de J. Gerz, une fois également lorsque quelqu'un coupe la corde. »

« L'état de nos provisions »

Cette pièce de Gerz est toute nouvelle et est montrée pour la première fois. Il s'agit de la plus grande œuvre qu'il n'ait jamais réalisée avec cette technique du photo/texte. Terminée lors d'un récent séjour au Canada, cette pièce permet à l'artiste de confronter des images de paysages naturels (vues de cascades,…) et industriels (vues nocturnes de bâtiments militaires). Ces tirages ont été rephotographiés après que l'artiste ait disposé quelques lampes torches qui redonnent de nouveaux éclats lumineux à la composition. Pour la première fois aussi, Gerz confronte ses tirages présentés sous des verres anti-reflets à des réflexions pures par la présence de deux miroirs. Le texte, enfin, met l'accent sur les conditions de la vie de l'artiste d'aujourd'hui.

Artiste et commissaire