C'est le duplicateur risographe* qui est à l'honneur lors de cet atelier, et c'est ce par quoi Margaux décide de commencer. Elle explique aux élèves captivé·es comment cette grosse machine qui ressemble à une imprimante classique fonctionne : elle ouvre son ventre et l'énorme cartouche d'encre fascine les petites paires d'yeux attentifs. Elle explique que le but de cette machine était d'imprimer rapidement et en grande quantité, et qu'aujourd'hui, notamment grâce aux couleurs très vives de l'encre, cette technique d'impression a été grandement reprise par les artistes.
Les élèves sont réparti·es sur quatre tables, avec des feuilles blanches A4 devant elleux. Une pochette remplie de mots prédécoupés est distribuée à chaque table. Les élèves doivent choisir des mots et les agencer sur leur feuille afin de former un poème. La question d'une "vraie" et "jolie" phrase est posée : les élèves ont alors le réflexe de chercher des mots de liaison afin de former du sens, alors que la poésie ne le requiert pas nécessairement. Certain·es se demandent où sont l'apostrophe, le déterminant ou encore le verbe. Mais les esprits se libèrent rapidement des contraintes grammaticales et les mots s'agencent sur la feuille.
Ensuite, les élèves se concertent pour choisir les poèmes qu'iels préfèrent et les agencent sur une plus grande feuille, format A3, suivant le schéma que Margaux avait dessiné, toujours dans le but de découper les feuilles et de les plier afin de créer un fanzine. Pendant que certain·es élèves choisissent et agencent leurs poèmes, d'autres apprennent à utiliser les blowpens (feutres dans lesquels il faut souffler pour que l'encre soit projetée sur les feuilles) pour tracer les empreintes des végétaux préalablement glanés par Margaux (les végétaux sont placés sur la feuille et l'encre projetée autour). L'outil n'est pas facile à utiliser mais les élèves s'y habituent vite et des feuilles de toutes formes et de toutes couleurs apparaissent sur leurs feuilles blanches. Iels découpent ensuite ces formes végétales et les agencent sur la grande feuille, à côté de leurs poèmes. Un groupe s'occupe de choisir le mot qu'iels préfèrent afin de le tracer au blowpen et d'en faire le titre du fanzine.