Marcel Dinahet

né en 1943 à Plouigneau, France
vit à Rennes, France


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Marcel Dinahet, Figures, vue de l’exposition 1=3, La Criée centre d’art contemporain, Rennes, 2009

production : La Criée centre d’art contemporain, Rennes

photo : Benoît Mauras

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Marcel Dinahet, Figures, vue de l’exposition 1=3, La Criée centre d’art contemporain, Rennes, 2009

production : La Criée centre d’art contemporain, Rennes

photo : Benoît Mauras

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Marcel Dinahet, Figures, vue de l’exposition 1=3, La Criée centre d’art contemporain, Rennes, 2009

production : La Criée centre d’art contemporain, Rennes

photo : Benoît Mauras

Figures, 2009

4 vidéos couleur, sans son, projections murales

Le dispositif Figures comprend quatre projections vidéo qui représentent la danseuse Maud Le Pladec, filmée en immersion à la piscine Dominique Savio de Rennes. Figures souligne la présence du corps de la danseuse, en apnée et quasi immobile sous l’eau, et celui de l’artiste, suggéré par le mouvement rotatif de la caméra.

Ce mouvement dote l’espace d’une dimension temporelle, celle de la durée de la boucle, qui s’achève lorsque la danseuse remonte à la surface pour reprendre son souffle. L’effet de ralenti accentue l’impression d’apesanteur, de « temps suspendu ».

Dans la petite salle, Marcel Dinahet a choisi de présenter une autre vidéo de la série sur écran. Sur celle-ci, le cadre est plus rapproché du visage de Maud Le Pladec et la caméra reste en plan fixe. Marcel Dinahet filme le visage refermé sur lui-même (la bouche et les yeux sont clos) et porte notre attention sur l’intériorité de la personne. Ce point de vue révèle les changements du visage et du corps lorsque ceux-ci sont privés d’air et plongés dans un environnement étranger.

Dans cette série, Marcel Dinahet met l’accent sur le rapport au corps en milieu aquatique. Cet environnement est un espace où se joue une expérience à la fois physique et intérieure, celle de la perte des repères spatiaux et de la libération du poids du corps. L’artiste avait déjà fait appel à des danseurs dans la vidéo-installation-performance Les Danseurs immobiles en 2006. Ce choix n’est pas anodin car ils disposent d’une maîtrise et d’une conscience de leur corps et de l’espace qui leur permettent de rester concentrés et assurés sous l’eau. Dans les vidéos Figures, c’est le médium vidéo et plus précisément le mouvement de l’artiste qui créé la performance, voire même la chorégraphie. A la vue de ces images, le visiteur peut tenter de se mettre à la place de la danseuse, d’imaginer ce qu’elle ressent en faisant appel à sa propre expérience. L’installation nous donne ainsi à voir et ressentir les effets d’une totale immersion sous l’eau et questionne notre rapport à soi, à l’autre et à son image.


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Marcel Dinahet, Fleuve, vue de l’exposition 1=3, La Criée centre d’art contemporain, Rennes, 2009

production : La Criée centre d’art contemporain, Rennes

photo : Benoît Mauras

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Marcel Dinahet, Fleuve, vue de l’exposition 1=3, La Criée centre d’art contemporain, Rennes, 2009

production : La Criée centre d’art contemporain, Rennes

photo : Benoît Mauras

Fleuve, 2009

4 vidéos couleur, son, projections murales

L’installation Fleuve présente quatre points de vue de Londres, filmés depuis la Tamise. Les images captées à différents moment de la journée laissent entrevoir le palais de Westminster, le quartier des affaires de la City, City Hall, où siège l’Assemblée Londonienne et le musée Tate Modern.

Ces monuments architecturaux correspondent à quatre représentations du pouvoir : culturel, administratif, financier et politique et ont la particularité de tous se trouver près de l’eau. Il s’agit d’une caractéristique commune à des nombreux sites prestigieux et qui a retenu en particulier l’attention de Marcel Dinahet.

Pour réaliser ces images, Marcel Dinahet a effectué plusieurs séjours à Londres en repérage et s’est promené sur les bords de la Tamise à marée basse, découvrant ainsi les plages bordant le fleuve. Il a placé sa caméra dans un caisson étanche et l’a laissé flotté au fil de l’eau. On devine les différents moments de la journée, selon la lumière qui imprègne ces images « très picturales » : la brume du matin sur la Tate Modern, la tombée de la nuit près de Westminster. De même, le fleuve s’agite au passage des bateaux que l’on devine sans les voir. Par ce procédé de caméra embarquée à hauteur d’une ligne de flottaison, les vidéos provoquent une perte des repères et une forme d’instabilité au gré de la houle. Les bâtiments prestigieux en apparence très stables apparaissent à l’image comme portés, voire même gagnés par l’eau. Cette impression d’immersion est accentuée par le son amplifié sous l’eau.

Marcel Dinahet reprend ici un procédé expérimenté en 2000 avec les Flottaisons et plus récemment à Strasbourg. Ces œuvres laissent volontiers la place au hasard. Mais sa caméra, même laissée aux fluctuations de l’eau, n’est pas placée là sans raison. L’artiste filme un espace « entre-deux », entre eau et terre, « nature et culture » ; dans ces espaces cohabitent des éléments contrastés, aquatiques et architecturaux.

On peut percevoir cette série comme un travail sur le paysage, dans le sens où même si l’artiste laisse sa caméra suspendue au gré des flots, il choisit un point de vue. Dans cette série Fleuve, tout comme celle des Flottaisons, Marcel Dinahet approfondit son questionnement sur l’idée d’interface et de frontière.


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Marcel Dinahet, Falaises, vue de l’exposition 1=3, La Criée centre d’art contemporain, Rennes, 2009

production : La Criée centre d’art contemporain, Rennes

photo : Benoît Mauras

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Marcel Dinahet, Falaises, vue de l’exposition 1=3, La Criée centre d’art contemporain, Rennes, 2009

production : La Criée centre d’art contemporain, Rennes

photo : Benoît Mauras

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Marcel Dinahet, Falaises, vue de l’exposition 1=3, La Criée centre d’art contemporain, Rennes, 2009

production : La Criée centre d’art contemporain, Rennes

photo : Benoît Mauras

Falaises, 2009

vidéos couleur, son, projections murales

Marcel Dinahet a réalisé les vidéos Falaises lors d’une résidence sur l’île d’Ouessant, en octobre 2008. Dans cette série, l’artiste utilise le même procédé d’immersion de sa caméra à hauteur de la ligne de flottaison, mais il se confronte à la masse et à l’énergie physique de l’océan, en filmant le va-et-vient des vagues.

Les falaises sont filmées en plan serré, ne laissant entrevoir que l’eau et la roche. Difficile à première vue de situer le lieu de tournage. Marcel Dinahet a réalisé ses prises de vue à différents moment de la journée, lors de marées hautes puis de marée basses. Ce paysage maritime nous apparaît sous plusieurs lumières avec des nuances de gris, de rose, de bleu, noir, ou orangé. Cette beauté plastique contraste avec l’aspect inaccessible de l’île incarné par le mur naturel qui se dresse face à nous. Celui-ci semble infranchissable et le mouvement incessant des vagues donne l’impression d’être emporté par le courant. Dans cette série, Marcel Dinahet a souhaité révéler un autre point de vue de l’île, éloigné de l’image des cartes postales. Falaises présente le caractère sauvage, rude et isolé d’Ouessant, par ses abords abrupts. Marcel Dinahet produit une autre réalité de l’espace, en se confrontant physiquement aux éléments naturels. Il privilégie une approche minimale et un jeu d’opposition entre la mer et le minéral. Ce dernier dispositif est une conclusion de l’exposition 1=3 qui ne se veut pas narrative, mais épurée.


VISUEL PRINCIPAL

Exposition

1=3

Marcel Dinahet

du 27 février au 26 avril 2009

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Monographie

Marcel Dinahet, 1990 – 2010

Marcel Dinahet

2011