Hubert Czerepok

né en 1973 à Słubice, Pologne
vit et travaille à Varsovie, Pologne


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Hubert Czerepok, Seances (after Disasters of War), dessin à l’encre sur papier, 2009

production : La Criée centre d’art contemporain, Rennes

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Hubert Czerepok, Seances (after Disasters of War), dessin à l’encre sur papier, 2009

production : La Criée centre d’art contemporain, Rennes

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Hubert Czerepok, Seances (after Disasters of War), dessin à l’encre sur papier, 2009

production : La Criée centre d’art contemporain, Rennes

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Hubert Czerepok, Seances (after Disasters of War), dessin à l’encre sur papier, 2009

production : La Criée centre d’art contemporain, Rennes

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Hubert Czerepok, Seances (after Disasters of War), dessin à l’encre sur papier, 2009

production : La Criée centre d’art contemporain, Rennes

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Hubert Czerepok, Seances (after Disasters of War), dessin à l’encre sur papier, 2009

production : La Criée centre d’art contemporain, Rennes

Seances (after Disasters of War), 2009

25 dessins, papier, encre, encadrement bois, 42 x 29,5 cm chaque dessin

Seances (After disasters of war) est une série de dessins inspirée des gravures de Francisco Goya sur les Désastres de la guerre. Entre 1810-1815, le peintre espagnol prit le risque de montrer dans toute leur cruauté les atrocités dont est capable l’être humain, dans des situations collectives.

Hubert Czerepok rend hommage à ces gravures en reprenant les aplats noirs et les traits fins qui les caractérisent. Cependant, les figures des corps en souffrance sont extraites de situations différentes. L’artiste a en effet réalisé ses dessins à partir d’un corpus d’images médiatiques existantes liées à une actualité tragique, ou encore à des séances de spiritisme ou des scènes sexuelles. De cette façon, il questionne la manifestation du pouvoir qui s’incarne à travers les médias et le contrôle de l’information.
Ce procédé rappelle le travail de l’artiste américain Andy Warhol, qui réalisa dans les années 1960 la série Death and Disaster. Comme pour les icônes Pop, Warhol reproduit en sérigraphie des images de catastrophes quotidiennes extraites des journaux. Il redoublait la violence de manière graphique et pointait ainsi la superficialité des médias.

Dans la série Seances, Hubert Czerepok ne choisit pas de reproduire les images à l’identique ; par la pratique du dessin, il revisite la violence esthétisée et produite en masse et tente ainsi de la retourner contre son pouvoir traumatique et critique.


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Hubert Czerepok, Salvation Islands, vue de l’exposition Devil’s Island, La Criée centre d’art contemporain, Rennes, 2009

production : La Criée centre d’art contemporain, Rennes

photo : Benoît Mauras

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Hubert Czerepok, Salvation Islands, vue de l’exposition Devil’s Island, La Criée centre d’art contemporain, Rennes, 2009

production : La Criée centre d’art contemporain, Rennes

photo : Benoît Mauras

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Hubert Czerepok, Salvation Islands, vue de l’exposition Devil’s Island, La Criée centre d’art contemporain, Rennes, 2009

production : La Criée centre d’art contemporain, Rennes

photo : Benoît Mauras

Salvation Islands, 2009

3 empilement de livres, livres, balles de revolver 38mm
50 x 35 x 35 cm chaque pile

Salvation Islands est une installation intitulée constituée de trois piles d’éditions de la Bible, du Coran et de la Torah. Le titre (« les îles du Salut ») fait référence aux trois îlots d’origine volcanique qui composent cet archipel et dont fait partie l’île du Diable.

Dans cette œuvre, Hubert Czerepok choisit de représenter les textes fondateurs des religions pour questionner leurs usages et interprétations en tant que formes du pouvoir. Il met en collusion sous une forme sculpturale, le rapport entre l’écrit, le langage, l’histoire et la violence. Chaque pile d’ouvrages a été perforée d’une balle de revolver et s’apparente ainsi à l’une des îles volcaniques du Salut. Par ce traitement symbolique, Hubert Czerepok questionne la manière dont les écrits sacrés peuvent être malmenés et détournés de leur rôle salvateur au profit des guerres et de la violence.


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Hubert Czerepok, Not only good comes from above, vue de l’exposition Devil’s Island, La Criée centre d’art contemporain, Rennes, 2009

production : La Criée centre d’art contemporain, Rennes

photo : Benoît Mauras

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Hubert Czerepok, Not only good comes from above, vue de l’exposition Devil’s Island, La Criée centre d’art contemporain, Rennes, 2009

production : La Criée centre d’art contemporain, Rennes

photo : Benoît Mauras

Not only good comes from above, 2009

installation, verre, néon, métal, 450 x 40 cm

Not only good comes from above (« il n’y a pas que le bien qui vient de là-haut »), est une installation en néon rouge accrochée sur la façade au-dessus de l’entrée principale du centyre d’art.

Comme dans chacune des œuvres de l’exposition, Hubert Czerepok tente de saisir la complexité de certains événements historiques, par le biais de leur représentation. La phrase en néon fait référence à la devise du VRIL, communauté secrète pré-nazie qui puisa ses fondements idéologiques dans un roman de science-fiction – The Coming race (La race à venir, sous-titré celle qui nous exterminera), d’Edward George Earle Bulwer Lytton paru en 1871. A travers cette citation, Hubert Czerepok rappelle les mythes raciaux et occultistes au fondement du Nazisme et confronte la fiction avec la réalité historique. La phrase en néon est écrite avec la même typographie que celle de l’écriteau en ferronnerie située à l’entrée du camp de concentration d’Auschwitz, qui indiquait « le travail rend libre ». Dans cette œuvre, Hubert Czerepok amorce sa réflexion sur l’histoire, les mécanismes du pouvoir et l’emprise des corps.


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Hubert Czerepok, Devil’s island, vue de l’exposition Devil’s Island, La Criée centre d’art contemporain, Rennes, 2009

production : La Criée centre d’art contemporain, Rennes

photo : Benoît Mauras

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Hubert Czerepok, Devil’s island, vue de l’exposition Devil’s Island, La Criée centre d’art contemporain, Rennes, 2009

production : La Criée centre d’art contemporain, Rennes

photo : Benoît Mauras

Devil’s island, 2009

bois, aluminium, écrans PVC, 6 vidéos, 17 min, 324 x 293 x 211 cm

L’installation vidéo proposée pour La Criée, Devil’s Island (2009), fait référence à l’île du Diable, cet îlot rocheux au large de Kourou en Guyane, célèbre pour son bagne dans lequel furent détenus de nombreux prisonniers politiques français dont Alfred Dreyfus.

Czerepok a filmé l’île du Diable pour projeter ensuite ces images sur une sculpture hexagonale qui fait référence à une autre forme du pouvoir disciplinaire : le Panoptique. Matérialisé sous la forme d’un bâtiment carcéral de forme circulaire, le Panoptique permet de surveiller les détenus à chaque instant, sans que ces derniers ne puissent savoir s’ils sont observés, créant ainsi un sentiment d’omniscience invisible. Conçu par le philosophe et juriste Jeremy Bentham en 1870, le Panoptique fera l’objet d’une étude critique par le philosophe Michel Foucault dans son livre Surveiller et punir paru en 1975. Hubert Czerepok a donc repris le module hexagonal du panoptique de la prison des femmes à Rennes pour enclencher dans l’espace d’exposition un tourbillon d’images et une rotation du regard qui retourne le Panoptique contre lui-même.


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Exposition

Devil’s Island

Hubert Czerepok

du 22 mai au 26 juillet 2009

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Monographie

Île Du Diable

Hubert Czerepok

2010