Félicia Atkinson

née en 1981 à Paris, France
vit et travaille à Rennes, France


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Félicia Atkinson, vue de l’exposition Spoken Word (une chanson parlée), La Criée centre d’art contemporain, Rennes, 2017

photo : Benoît Mauras

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Félicia Atkinson, Là-bas, (détail), vue de l’exposition Spoken Word (une chanson parlée), La Criée centre d’art contemporain, Rennes, 2017

production : La Criée centre d’art contemporain, Rennes

photo : Benoît Mauras

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Félicia Atkinson, Là-bas, (détail), vue de l’exposition Spoken Word (une chanson parlée), La Criée centre d’art contemporain, Rennes, 2017

production : La Criée centre d’art contemporain, Rennes

photo : Benoît Mauras

Là-bas, 2017

étagère en métal peint, plexiglas, 300 x 230 x 260 cm

Là-bas est une sculpture-étagère au statut hybride, dont le titre prend pour possible mais non unique référence l’ouvrage éponyme de Huysmans1.

Se tenant légère et étendue, comme une ligne dessinée dans l’espace en métal vert, elle peut faire penser à un cactus, à un éléphant ou à une forme abstraite. Sur ces étagères en plexiglas sont posées des petites sculptures « instantanées » en terre crue et aux matériaux divers, réalisées comme des improvisations ou impromptus, dont certaines ont été agrandies et transformées à très grande échelle.

La ligne courbe de l’étagère dialogue avec les peintures murales et les deux autres sculptures grand format de la pièce principale.

Cette étagère joue sur ces questions d’échelle et le désir de l’artiste et du spectateur, entre ce qui atteignable et ce qui ne l’est pas, ce que l’on peut ou ne peut pas toucher. La pièce se tient stable, mais semble aussi fragile, prête à osciller au moindre coup de vent. Comme une plante, une fleur ou un élément minéral, Là-bas se tient « disponible » dans toute l’ambiguïté que cela implique : bien sûr qu’on peut arracher un pétale de fleur, c’est « possible », mais cela ne veut pas dire qu’il faut forcément le faire. C’est ce trouble là que tente de proposer Là-bas.

1 Joris-Karl Huysmans, Là-Bas, roman, 1891


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Félicia Atkinson, Amie, vue de l’exposition Spoken Word (une chanson parlée), La Criée centre d’art contemporain, Rennes, 2017

production : La Criée centre d’art contemporain, Rennes

photo : Benoît Mauras

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Félicia Atkinson, Amie, détail, vue de l’exposition Spoken Word (une chanson parlée), La Criée centre d’art contemporain, Rennes, 2017

production : La Criée centre d’art contemporain, Rennes

photo : Benoît Mauras

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Félicia Atkinson, Amie, vue de l’exposition Spoken Word (une chanson parlée), La Criée centre d’art contemporain, Rennes, 2017

production : La Criée centre d’art contemporain, Rennes

photo : Benoît Mauras

Amie, 2017

plâtre, bois, métal, soie, coton, laine et feutre
285 x 106 x 470 cm

Ami(e) est le double un peu déformé d’une petite sculpture instantanée que j’ai réalisée quelques mois avant l’exposition.

Il s’agit ici d’un passage à une autre dimension, celle du rêve et de « l’espace potentiel », comme dirait le psychanalyste pour enfants Donald Winnicott1.

Ami(e) n’est pas complètement un personnage imaginaire et pas complètement un rocher. De ses tiges en fer se déploie une longue tresse nouée de différents morceaux de soie, de laine et de feutre qui s’échappe au milieu de la salle.

Ami(e) est une sculpture : c’est-à-dire un peu des deux, partageant la fantaisie de l’un et le sens de gravité de l’autre, sans genre ou espèce établis.

Ami(e) pourrait avoir pour ami(e) une sculpture de Franz West, Phyllida Barlow ou de Noguchi aussi bien qu’une roche de la côte bretonne ou du parc naturel de Joshua Tree en Californie.

1 Donald Winnicott, Jeu et réalité, 1971 (trad. éditions Gallimard, Folio/essais, 1975)


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Félicia Atkinson, Ici et Les cartes sans mémoires, vue de l’exposition Spoken Word (une chanson parlée), La Criée centre d’art contemporain, Rennes, 2017

production : La Criée centre d’art contemporain, Rennes

photo : Benoît Mauras

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Félicia Atkinson, vue de l’exposition Spoken Word (une chanson parlée), La Criée centre d’art contemporain, Rennes, 2017

photo : Benoît Mauras

Ici, 2017

plâtre, bois, 180 x 100 x 480 cm

Ici est aussi un double un peu déformé d’une petite sculpture instantanée que j’ai faite quelques mois avant l’exposition.

Tout comme Ami(e) et Là-Bas, j’ai demandé aux régisseurs de La Criée Benoît Mauras, Anthony Glais et Pascal Moreul de produire une « miniature géante » de la petite sculpture, que j’ai ensuite augmenté de tiges, de couleurs, etc.

Dans les grands espaces (Grand Canyon, désert de Mojave, etc.), comme dans le souvenir, l’espace du rêve ou du récit, les échelles semblent parfois difficiles à appréhender, elles sont même parfois variables.

Une baguette chinoise utilisée pour la sculpture de petit format devient dans la version agrandie le mât de cocagne d’un rocher aux couleurs de chewing-gum.
Ici propose de relativiser cette notion de « ici », où les paysages bougent si lentement qu’ils semblent fixes, là où les hommes et les animaux se déplaceront toujours. Il n’y pas de « ici » fixe, mais une multitude d’« ici », lieux de transitions, d’accueil et de passages.


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Félicia Atkinson, vue de l’exposition Spoken Word (une chanson parlée), La Criée centre d’art contemporain, Rennes, 2017

photo : Benoît Mauras

I’m following you, 2017

peinture à la craie, tissus, 145 x 402 cm

I’m Following You est une peinture à la craie à l’huile colorée sur un tissu de coton rose de quatre mètres, entre la nappe, le rideau, la toile et le drap.

Il est un déroulé, une histoire abstraite, le témoin d’une temporalité émotive. Il permet de passer de la salle blanche à la salle noire.

I’m Following You est aussi le titre du morceau d’ouverture du nouvel album de Félicia Atkinson, Hand in Hand, publié par Shelter Press en mai 2017.


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Félicia Atkinson, vue de l’exposition Spoken Word (une chanson parlée), La Criée centre d’art contemporain, Rennes, 2017

photo : Benoît Mauras

L'Oisive (Peter Shire Cover), 2017

table, tabourets et sculptures
bois peint, bois, terre crue, caillou fil de chanvre, feutre, laine, balsa, pigment, craie à l'huile, pâte à modeler, fil de fer
100 x 100 x 67 cm

« Idle Hands are the devil’s playground » dit le dicton : les mains oisives sont le terrain de jeu du diable. Il s’agit ici de renverser le dicton et de faire l’éloge de l’oisiveté et de la piraterie.

J’ai pensé une table mi-bootleg (version pirate), mi-cover song (reprise) de deux tables du designer et artiste de Los Angeles Peter Shire, sur laquelle j’ai disposé un certain nombre de sculptures instantanées en terre crue et feutre peint, proposant aux publics un jeu sans règles ni usages particuliers. Cette table « mixée », « samplée » et les objets qui la recouvrent offrent aux visiteurs la possibilité de s’ennuyer ensemble, de partager du temps sans raison ni but, un peu comme quand on est sur internet et qu’on écoute des reprises de chansons connues ou des medleys sur Youtube, quand on joue à un jeu sur son téléphone portable, mais ici de manière complètement analogique et sans instructions, à travers le bois, la terre et le tissu.


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Félicia Atkinson, Nos émotions, vue de l’exposition Spoken Word (une chanson parlée), La Criée centre d’art contemporain, Rennes, 2017

production : La Criée centre d’art contemporain, Rennes

photo : Benoît Mauras

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Félicia Atkinson, Nos émotions, vue de l’exposition Spoken Word (une chanson parlée), La Criée centre d’art contemporain, Rennes, 2017

production : La Criée centre d’art contemporain, Rennes

photo : Benoît Mauras

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Félicia Atkinson, Nos émotions, vue de l’exposition Spoken Word (une chanson parlée), La Criée centre d’art contemporain, Rennes, 2017

production : La Criée centre d’art contemporain, Rennes

photo : Benoît Mauras

Nos émotions, 2017

peintures murales

Nos émotions est une série de trois peintures murales dont les formes sont des petits découpages en papier Canson colorés et rétro projetées à grande échelle.

Le mur, devient alors une grande page de livre ou de carnet ouverts. Peintes avec la complicité de trois étudiantes de l’EESAB (Kahina Loumi, Margaux Janisset et Alice Quentel), Nos émotions se déploient dans l’espace de La Criée comme une mélodie entonnée à plusieurs voix.


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Félicia Atkinson, cartes sans mémoires (1-5),vue de l’exposition Spoken Word (une chanson parlée), La Criée centre d’art contemporain, Rennes, 2017

production : La Criée centre d’art contemporain, Rennes

photo : Benoît Mauras

 

cartes sans mémoires (1-5), 2017

5 impressions numériques sur alu brossé, diamètre 50 cm

Les cartes sans mémoires sont des impressions uniques sur aluminium brossé de formes rondes, entre le disque vinyle, le miroir et la vision agrandie au bout d’une longue vue.

Il s’agit de transcriptions digitales de collages faits dans mes carnets qui ont été scannés et modifiés en noir et blanc pour la publication Audio Book, un préambule à l’exposition publié en février 2017 par Shelter Press, la maison d’édition et label de disque créé avec Bartolomé Sanson. Ici, les impressions ont été à nouveau scannées, colorisées et modifiées depuis les fichiers de la publication, pour redevenir des impressions originales et uniques : contrairement aux images du livre, celles-ci n’existent qu’en un seul exemplaire.

Le support en aluminium brossé fait référence à la texture de certains ordinateurs et téléphones portables, texture métallique que l’on prend l’habitude de toucher au quotidien sans forcément sans rendre compte. Ici, digital et analogique se touchent et proposent une logique de la sensation hybride où le digital devient solide, le multiple unique et inversement : les mondes et les surfaces sont des espaces poreux et sensibles.


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Félicia Atkinson, Secrets, vue de l’exposition Spoken Word (une chanson parlée), La Criée centre d’art contemporain, Rennes, 2017

production : La Criée centre d’art contemporain, Rennes

photo : Benoît Mauras

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Félicia Atkinson, Secrets, vue de l’exposition Spoken Word (une chanson parlée), La Criée centre d’art contemporain, Rennes, 2017

production : La Criée centre d’art contemporain, Rennes

photo : Benoît Mauras

Secrets, 2017

film muet, 420 min

Secrets est un film muet de sept heures que j’ai tourné en vidéo en février 2017 en Arizona, Nouveau Mexique, Nevada et Californie, avec la complicité de Bartolomé Sanson.

Sur un mois, nous avons parcouru plus de 6000 kilomètres en voiture, croisant cactus géants, rochers, lacs artificiels, lieux chargés d’utopies parfois désabusées (Arcosanti, Biosphère II…), passant sans cesse du doute à l’émerveillement, dans un contexte politique américain complexe et inquiétant.

Chaque plan est séparé de l’autre par une plage sans image ; mes poèmes s’y déploient, proposant un hors-champs ou un close-up (gros plan) selon les moments.

Pour filmer Secrets, j’ai décidé de ne pas prendre de pied de caméra, mais plutôt de poser celle-ci sur les éléments qui l’entouraient : toit de voiture, haut d’un cactus ou d’un rocher, épaule.

Les plans, majoritairement fixes, bougent pourtant parfois. L’environnement pose son empreinte sur l’image. Le paysage résiste au langage, il révèle sa statique étrange, il ne bougera que sur des millions d’années, tandis que le corps qui filme semble toujours prêt à trembler, à s’émouvoir, à rester trop ou pas assez longtemps ; ce corps lui, sera toujours plus bref dans sa durée que l’environnement végétal et minéral qu’il rencontre.

C’est le point de vue du voyageur qui passe et ne prend du paysage qu’un fragment, toujours partiel, superficiel et profond à la fois, subjectif, avec ses yeux, sa mémoire.

C’est ce paysage composite, à la fois multiple et partiel que je veux partager avec le spectateur : un paysage de flâneur, fait de dizaine de paysages, partant de l’intuition que nous sommes rarement à un seul endroit au même moment (mon cœur ici, mes pieds là, ma pensée encore ailleurs)…

C’est aussi un paysage entre le fonds d’écran, le papier peint mais aussi la carte postale cornée, avec quelques mots dispersés dans son dos à partager avec celui qui « n’y était pas ».


Audio Book, 2017

pièce sonore, 420 min

Audio Book est une pièce sonore de sept heures inspirée des disques canadiens Environnements des années 70, de ceux de Folkways Library qui proposent de découvrir des types de paysages, d’ambiances, de relaxations ou d’enseignements par le son, mais aussi des pièces sonores des compositeurs Robert Ashley, Delia Derbyshire, Beatriz Ferrara, ou encore des musiciens New Age tels Ariel Kalma ou Laraaji.

Elle peut être appréhendée comme la bande originale du film projeté simultanément, mais elle possède aussi une existence indépendante. Film et pièce sonore sont comme deux compagnons réunis cette fois-ci, mais qui peuvent aussi être expérimentés séparément.

Audio Book brasse, comme un programme radiophonique qui comporterait des bugs, des éléments variés qui s’entrechoquent : description Wikipédia de la faune et la flore du désert, poèmes écrits en voyage, captations sonores dans le désert de Mojave et Bretagne, sons modulaires enregistrés aux studios EMS à Stockholm au Buchla et au Serge, voix chuchotées et parfois transformées vers l’aigu ou le grave.  Audio Book est une expérience où il n’existe justement pas d’autre « Ici » ou « Là-bas » que celui, transitoire de la salle d’écoute et de visionnage, où le spectateur est invité à perdre son temps volontairement, s’assoupir et rêver.

Certains sons d’Audio Book apparaissent aussi dans l’album paru avec Shelter Press, Hand in Hand.


Un désert, 2017

pièce sonore, 17 min

Un désert est une pièce sonore composée de dix minutes de musique et de sept minutes de silence.

Les sons modulaires enregistrés dans les légendaires studios EMS de Stockholm cohabitent avec des drones électroniques, des bruits électro-acoustiques, des respirations humaines et plages de silence.

Un désert est un paysage sonore mouvant, parfois imperceptible, parfois recouvrant, entre le chant d’oiseau et le bruit d’avion, morceau ambiant à la façon des Musiques d’ameublement d’Érik Satie ou des Music for Airports de Brian Eno.


Patience Exchange, 2017

écharpe

Patience Exchange est une écharpe que j’ai tricotée pour définir des temps de pause (lorsque je la tricotais) dans un rythme effréné, une écharpe faite avec intention mais sans attention, inachevée et pleine de trous, comme la mémoire, comme les moments de rêverie.

Elle est prêtée aux médiatrices : « tu me donnes de ton temps je te donne du mien, prenons soin ». Une fois récupérée, le temps de l’exposition aura laissé son empreinte invisible dessus.


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Exposition

Spoken Word (une chanson parlée)

Félicia Atkinson

du 1er avril au 28 mai 2017

Titre_Cycle_AlorsQueJEcoutaisMoiAussi_LaCriee

Cycle

Alors que j’écoutais moi aussi […]

Félicia Atkinson, Julien Bismuth et Yann Sérandour

de janvier 2017 à février 2018